Tribune de juillet-août

A peu près à la même époque que l’année dernière, je me lance dans la rédaction de l’édito de Grands Formats, que je devais rédiger juste après les élections présidentielles. Alors, par curiosité, je relis ce que j’avais écrit, et je me rends compte que j’avais été bien optimiste, voire naïf, sur notre nouveau président, notre nouvelle ministre de la culture, notre nouveau gouvernement.

Car il faut bien constater qu’un peu plus d’un an après, rien n’a vraiment été fait pour rassurer notre secteur, celui de la culture, de la création et du jazz. Je préfère ne pas parler des autres secteurs, comme l’université ou les transports, de peur de ne pas tout maîtriser, mais l’ambiance n’est pas au beau fixe dans les facultés et les gares.

Car on comprend bien la direction de la politique entamée par le gouvernement : encourager plutôt ceux qui réussissent, par une forme d’élitisme économique, de prime au mérite, tout en confortant les plus précaires dans leur situation et en leur demandant ne pas trop se plaindre. Cela se transpose très bien dans notre secteur, où l’opposition entre « filière musicale » (ce qui rapporte) et création (ce qui coûte) est toujours bien présente, et j’ai impression que monter les acteurs d’un même secteur les uns contre les autres est une méthode bien pratiquée par nos dirigeants. On peut ainsi entendre des directeurs de festivals critiquer les aides directes aux artistes ou aux collectifs de musiciens, sous prétexte que ces financements seraient pris sur la part qui devrait leur être versée. Alors oui, les financements baissent, que ce soient ceux des institutions publiques ou des sociétés civiles (on le voit avec la SPEDIDAM ces temps-ci ou avec la SCPP en tant qu’artistes/producteurs de disques…) mais quand même, critiquer les aides directes aux ensembles quand on connaît la fragilité de leurs économies est assez inapproprié je trouve. En tout cas, il me paraît plus intéressant de défendre l’accès aux financements pour tous plutôt que son bout de gras ; avis personnel.

Alors soyons vigilants sur les dossiers à venir, tels que celui  du Cap22 et du Centre National de la Musique qui suscite les mêmes inquiétudes depuis 2012 dont les travaux continuent cet été. Une période bien choisie pour mobiliser les acteurs !

Continuons à ne pas être d’accord avec ces méthodes contraires à la concertation qui consistent à avancer sur des projets lorsque les principaux intéressés sont absents.

Interrogez Grands Formats sur ces dossiers. Je rappelle que c’est la seule fédération d’artistes dans le secteur du jazz.

Malgré tout cela, je vais conclure sur une note positive et saluer la nomination de Fred Maurin au poste de directeur artistique de l’Orchestre National de Jazz (ONJ). Je sais qu’il sera à la hauteur, tant sur l’aspect politique qu’artistique du poste, et qu’en tant qu’ancien président de Grands Formats il défendra les intérêts des artistes comme il l’a toujours fait. Je salue aussi les autres membres de la short-list dont certains ont, ou ont eu une aventure au sein de Grands Formats.

Bon été !

Alexandre Herer, Membre du CA de Grands Formats, directeur artistique du collectif Onze Heures Onze


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