Face à leurs désexistences, s’engager pour les jazz(s)

Évoluer aujourd’hui dans le milieu du jazz et des musiques improvisées, c’est encaisser des coups.

La beauté de ces musiques et la joie de les partager ne sauraient effacer leur lente désexistence, orchestrée sciemment par le politique en ce début d’année 2026, avec des attaques d’une brutalité volontaire.

Ce n’est plus un chiffon rouge agité pour alerter : les faits sont là. La suppression des aides à l’emploi FONPEPS pour les clubs et leur réduction de moitié pour les compagnies n’est qu’un choix de politique budgétaire qui a pour vocation de frapper dur sur un certain type d’électorat dit « de gauche ».

La caste médiatique, contrôlée par l’extrême droite dans sa grande majorité, semble avoir relancé une « chasse aux sorcières » dont le but est de jeter le discrédit, notamment sur les artistes.

De même, l’offensive du MEDEF contre l’intermittence du spectacle, voulant imposer 557 h au lieu de 507 h pour l’accès à l’intermittence, exclurait un tiers des musicien·nes. Les jazzwomen et jazzmen, parmi les plus précaires, seraient alors touché·es de plein fouet. Fort heureusement, la mobilisation a permis d’éviter l’uppercut, à bon entendeur, nous serons là aussi en 2028 en cas de reprise des négociations.

Chers collègues musicien·nes, aujourd’hui nous ne pouvons plus nous contenter de jouer du jazz pour défendre cette musique. Rappelons-nous que l’engagement politique et social est l’ADN de cet art. Nos jazz(s) ont besoin d’être défendus, et ce mois d’élections municipales sera décisif.

Sentons ce printemps en nous. Agissons. Passons à l’action, participons aux mobilisations des fédérations et syndicats de la profession. Informons le public et nos collègues.

Plus largement encore, engageons-nous pour nos musiques. Relayons les informations des concerts, surtout dans les zones rurales. Offrons notre passion dans la transmission, en écoles, aux jam sessions, aux workshops ; organisons des concerts d’art et d’essai, achetons des disques de jazz au vrai prix directement aux artistes, opposons-nous aux discours de rentabilité de l’industrie musicale, aux impulsions démagogiques des listes municipales de nos villes. C’est le moment de s’investir dans les associations, de soutenir plus encore les porteurs de projets de nos groupes…

La seule expression artistique n’est plus suffisante pour garantir l’existence du ou des jazz(s) dans un cadre libre et professionnel.
Notre passion pour nos musiques est une force à laquelle rien ne pourra s’opposer si nous y croyons.

Par Léo Jeannet pour Pousse-Pousse Production et le Panoramic Project

 

© Zoé Casas


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