Sous la direction de Stéphane Hoareau et Théo Girard, ce grand ensemble flamboyant ne brasse pas moins de douze soufflants, une guitare électrique qui brille en rock, une batterie feu d’artifices et une contrebasse habile, généreuse et solide. Ce jazz très largement enrichi d’autres histoires et d’autres territoires renverse tout sur son passage dans une danse tapageuse et festive. Au milieu, s’élève la voix de Christine Salem, icône réunionnaise du maloya-blues. Le propos garde un ton joyeux mais mêle d’autres sentiments et une plus grande universalité, dans des racines malmenées quand l’esclavage frappait encore, dans une colère plus que légitime, une vive soif de liberté, de justice, de beauté et de paix. Le collectif monte en puissance et Christine Salem porte les frissons jusqu’aux étoiles.
© Marie Digard

