Micro utopie : le salut dans la diversité

8:30 sur France KfultureÀ la radio, on ne parle que de ça : « 2033 : l’année du changement, un nouveau souffle pour le secteur culturel et enfin le plein-emploi dans le secteur artistique. 30 ans que les Grands Formats se battent pour soutenir ce changement de paradigme ! »

Enfin ! Le gouvernement et la Filière Musicale ont tenu leurs promesses, en construisant une politique culturelle basée sur la diversité qui propose une nouvelle répartition de l’offre culturelle.

La journaliste poursuit en déroulant les quatre piliers fondamentaux de cette nouvelle politique :
– La « pochette-surprise culturelle »
– Le « web fair » stimulant une politique diversifiante et pas conditionnante.
– la diversité des programmations
– Le plein-emploi artistique

Commençons par la « pochette-surprise culturelle » qui a récolté un franc succès auprès du public. Et pour cause : on se laisse surprendre par la diversité, dans une offre totalement gratuite. Un véritable coup de pied dans la fourmilière de l’entre-soi !

Témoignage de Loïc Sonbey, rencontré après un concert : « Dans le fond, à force de voir et d’écouter toujours les mêmes choses, on s’était un peu endormis. Maintenant, on réapprend à être curieux, on est surpris, émus, déçus aussi, mais franchement, c’est vraiment vivifiant ! »

Qu’en est-il des nouvelles dispositions relatives au « web fair » ?
La politique de diversité sur les ondes télévisées a suscité bien des protestations chez les industriels. Après des heures de négociation impossible avec Spootnik-faille, la loi de non-influence algorithmique est imposée à coup de 49.3. Les chiffres d’écoutes ne sont plus visibles sur les plateformes, le classement est interdit. On s’éloigne enfin de la compétition pour soutenir l’idée de qualité et de sensation. Le modèle culturel français est enfin appliqué au numérique #cocorico.

Buzzer propose de nouveaux abonnements fair-trade ou chaque abonné séléctionne dix disques par mois avec un minimum de 5 nouveautés (libre a vous de sauvegarder vos anciennes playlists). Le niveau de rémunération pour les artistes producteurs est bien plus important et le système contribue au renouvellement du contenu. C’est un peu le panier bio de la musique, vous écouterez ce qui sort et s’il n’y en pas plus, vous n’avez pas le choix. Moins de boulimie et de zapping : juste une sélection qualitative et personnelle pour une meilleure digestion.

Depuis la fermeture de Facebook et d’Instagram au profit de Discover, la monétisation de la promotion du contenu artistique n’existe plus. Les chiffres des grosses industries en ont pris un coup, fini le doping de vues et le ciblages de population. Tout à coup, chacun retrouve la soif de la découverte, apprivoise et développe son propre goût culturel, à son rythme.

L’effet « pochette-surprise » + « web fair » est direct chez tous les acteurs du secteur :

Les politiques sur la diversité ont eu pour effet de tranquilliser les programmateurs quant aux enjeux de remplissage de jauges. L’État soutient la diversité et le public est au rendez-vous ! Une réussite pour tout le monde. Du côté des artistes, l’abolition de la concurrence déloyale alimentée par les grands groupes industriels a une influence très positive. Les salles de concerts affichent complet et le public n’a jamais été aussi varié !

La logique d’attribution des dispositifs de soutien aux équipes artistiques a également été repensée, désormais basée sur de nouveaux critères comme l’égalité de salaires, l’engagement actif pour la parité et la diversité (sans distinction des origines culturelles, sociales, ethniques…). Les critères sont avant tout artistiques et non soumis à des nombres de dates minimum et pour cause : les projets tournent !

La baisse structurelle de la concurrence rend les tremplins et autres dispositifs sélectionnant impopulaire, chacun préférant se concentrer sur le propos de sa création.
En ce sens, l’intervention du nouveau ministre de la Culture J Boisdu a été claire : « Sélectionner, c’est invisibiliser, évaluer, c’est passer à côté du sujet. »
Et bien sûr, c’est un grand souffle pour les artistes qui se sentent revenir plus proches de leur pratique et de leurs désirs initiaux. L’artiste Michel Grandle se confie : « Depuis tous ces changements, je suis enfin revenu à l’écriture et à la création. Le métier d’artiste est enfin reconnu comme un métier à temps plein. Maintenant que tout le monde a du travail et que le public est là, les relations entre les artistes sont bien moins stratégiques, on a vraiment plus de temps (ou plutôt on en perd moins.) et cela se ressent dans la qualité de nos pratiques. »

Hier, on pouvait lire dans le New York Times du 9 Février 2033 : “The new French strategy, an ecologic system on music diversity. The best way for creative music ?”

Ring ring le réveil sonne, 5h30 du matin – Une sensation bizarre de décalage, 9 février 2023 ?!?

Ok ce n’est pas pour tout de suite…. je vais quand même noter deux trois idées. Au boulot !

Par Thomas Julienne pour le Collectif Déluge 2033

Photo © Benjamin Desbiesbach


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