Certains gardent leurs fantasmes pour eux, l’Impérial préfère les réaliser. Si le GRIO fait référence à l’Afrique dans ses rythmes, son nom et ses réarrangements, il garde le jazz pour horizon. Avec le titre de ce premier album, Music is Our Mistress, il se place même sous le haut patronage de Duke Ellington (et sa fameuse autobiographie Music is My Mistress) et d’Ornette Coleman (et son non moins fameux This Is Our Music). À ces deux esprits frappeurs, on pourrait aussi ajouter Charles Mingus pour l’amour du big band de poche ou le Liberation Music Orchestra de Carla Bley et Charlie Haden pour « ces thèmes qui peuvent sonner comme des hymnes ». Et même, sur « Gomorra Pulse », les cercles hypnotiques à la Steve Reich.
Au-delà des références, des influences et des hommages, le GRIO c’est aussi et surtout de l’humanité qui circule. Aux quatre membres fondateurs de l’Impérial (Gérald Chevillon, Damien Sabatier, Joachim Florent et Antonin Leymarie) se greffent ici quatre nouveaux venus dans l’univers du collectif : les trompettistes Aymeric Avice et Frédéric Roudet, le pianiste Aki Rissanen et le tromboniste Simon Girard. Des « petits nouveaux » qui n’en sont pas vraiment pour avoir très souvent croisé la route des membres de l’Impérial.
C’est de « l’amitié qui se prolonge dans la musique et de la musique qui prolonge l’amitié ». C’est peut-être aussi pour ça que Music is Our Mistress est aussi généreux et trépidant. Et qu’il abonde en malices, en rebondissements et en questions-réponses télépathiques. C’est qu’il défend un spiritual jazz dans le sens premier du terme : sculpté par de véritables frères d’âme.
Tracklist :
1. Cult of Twins (Trad. Banda Linda / Damien Sabatier)
2. Hillbrow (Joachim Florent)
3. A Cançao do Grilo (Antonin Leymarie)
4. Frida Kalho Song of Love (Joachim Florent)
5. Gomorra Pulse (Joachim Florent)
6. Anima (Antonin Leymarie)
7. Linda Linda (Joachim Florent)
8. Tchébou Ganza Tché Gaté / Le Sommeil Droit (Trad. Banda Linda / Damien Sabatier)
GRIO – Music Is Our Mistress
Télérama – TTTT – “Des airs de big-band ellingtonien, des cabrioles New-Orleans et des dérapages sans filet comme Mingus savait les provoquer, c’est affaire d’équilibristes et d’acrobates, privilège réservé aux as de la voltige.”
Jazz Magazine – “Il émane une force créatrice unique, remplie de saveurs poignantes et de gestes rythmiques enivrants. L’esprit du jazz en parcourt toutes les phrases avec une ferveur bouillonnante, quasiment juvénile, qui fait jouir les oreilles.”

