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Écologie

Encourager des pratiques et des modes de production responsables et durables

A l’initiative d’un groupe de musicien·ne·s, des artistes, producteur·trice·s et professionnel·le·s du jazz et des musiques improvisées se sont réunis au printemps 2020 pour interpeller le secteur sur ses pratiques, ses modes de production et encourager un changement audacieux et vertueux afin de rendre nos pratiques professionnelles plus responsables et plus écologiques.

Nous relayons ici leur appel, accompagné d’une série de propositions concrètes constituant une base pour des échanges à venir avec l’ensemble des acteur·trice·s qui souhaiteraient s’engager dans cette démarche, chacun à sa manière et selon ses capacités.

En relayant cet appel et en y apportant sa signature, la fédération Grands Formats s’engage à se lancer dans ce vaste chantier avec l’envie de participer à la sensibilisation des acteur·trice·s du secteur et d’être force de proposition quant au développement de pratiques et modes de production plus responsables et respectueux de notre environnement.

Pour aller plus loin, vous pouvez vous inscrire sur le groupe Facebook « Pour une écologie de la Musique Vivante » afin de faire part de vos commentaires et de vos idées sur ces textes mais aussi partager des initiatives inspirantes. Vous pouvez signer le communiqué ci-dessous en remplissant le formulaire dans l’onglet “Signez le communiqué”. Vous pouvez également nous écrire et nous communiquer vos coordonnées afin d’être associés et tenus informés des prochains travaux qui s’ouvriront autour de ce chantier.

Pour une écologie de la musique vivante

Appel des musicien·ne·s et des producteur·trice·s de musique engagé·e·s pour la transition écologique et la sauvegarde du vivant

 

Nous, musicien·ne·s et producteur·trice·s de la musique vivante, appelons l’ensemble des acteur·trice·s de la musique ainsi que la puissance publique à prendre des mesures face à un constat sans équivoque : nous entamons la sixième extinction massive de la vie sur Terre – la première extinction délibérée de l’histoire de l’Humanité.

Car si les désastres passés et en cours sont irréparables, nous voulons prendre aujourd’hui un virage audacieux et vertueux afin de protéger notre écosystème terrestre, préserver la richesse et la beauté du vivant.

L’écologie ne doit plus être considérée comme un label de bien-pensance mais une pratique collective et un engagement politique. Nous devons transformer les usages de nos métiers et cesser de considérer la planète comme une ressource inépuisable. Face à ce constat, chacun doit faire sa part.

Cela implique le renoncement à certaines pratiques au profit d’une vision à plus long terme, cela implique d’affronter les dilemmes relevant de la responsabilité écologique qui se posent dans la production du spectacle vivant.

Car aujourd’hui, les artistes et les producteur·trice·s vivent des injonctions contradictoires, avec d’un côté l’exhortation à multiplier les représentations, notamment à l’international (toujours plus loin, toujours plus visible) et de l’autre l’exhortation des climatologues à limiter les émissions de carbone et réduire la production de déchets.

Les artistes, les technicien·ne·s, les producteur·rice·s partagent un réel dilemme : selon les usages aujourd’hui admis dans une culture mondialisée, gravir les marches du succès implique de s’enfoncer plus avant dans une course souvent énergivore – transports, matériel, consommables – qui participe à détruire notre écosystème. Dans ce contexte, réduire sa mobilité pour diminuer son impact écologique induirait ainsi de s’invisibiliser professionnellement.

Pour de jeunes artistes, cette prise de conscience est d’autant plus amère qu’elle fait « renoncer » à un modèle global de carrière qui ne semble plus viable ni responsable – mais qui malgré cela continue d’être promu comme la référence dans l’inconscient collectif.

Les producteur·trice·s, quant à eux/elles, subissent une double pression entre la nécessité de « faire du volume » afin de faire tourner leur structure – multipliant parfois les concerts isolés et événementiel à l’autre bout du monde -, et la pression exercée par les artistes qui voient en eux « l’homme ou la femme providentiel·le » censés les mettre en lumière et développer leur carrière.

Enfin, la mise en réseau n’est pas encore une logique suffisamment partagée par les diffuseurs – lieux et festivals – qui sont amenés à concentrer leurs efforts sur la promotion de leurs événements propres sans toujours s’inscrire dans une démarche de coopération qui permettrait de grouper les concerts. Par ailleurs, certains s’échinent à une course à la communication (teasers, goodies, accessoires des sponsors) et construisent une programmation souvent éloignée de leurs aspirations premières, tant la pression économique est patente.

Nous devons changer de paradigme, écrire de nouveaux récits : le modèle de l’artiste “star” – dont la valeur est calculée au nombre de tournées dans l’année, de spectateur·rice·s, de disques vendus (réels ou dématérialisés) ou encore à la taille et au prestige des salles de concert ainsi qu’à l’opulence de ses productions – est tout simplement incompatible avec une société où la justice écologique doit se substituer à la logique économique.

Il est temps de changer de modèle.

Nous devons revaloriser, symboliquement, l’artiste qui agit localement : tissant des réseaux de partage sur son territoire, faisant germer des foyers de créativité dans toutes les strates de la population et construisant des projets au long cours et des collaborations pérennes avec les lieux et les habitant·e·s d’un même territoire.

Tout comme nous croyons à la relocalisation des industries et des entreprises, nous croyons également à la relocalisation de notre art.

L’objectif n’est pas de se couper du reste du monde ni de la richesse des échanges interculturels mais de les renforcer en les appréhendant sous l’angle de l’immersion : au lieu de promouvoir des concerts uniques et isolés, privilégions les projets de longue durée accompagnés d’actions artistiques et culturelles dans le pays d’accueil.

Nous devons redonner à l’acte de voyager son caractère exceptionnel et précieux en menant des projets dont la valeur viendra aussi de la rareté.

Enfin, nous devons sortir de « l’obsolescence programmée » des créations : chaque année un nouvel album, un nouveau projet, une nouvelle création… qui conduit à une certaine précipitation et une surproduction généralisées, à tous les échelons.

Il n’est pas hasardeux de penser que la Culture pourrait subir plus tôt que prévu les impacts directs du changement climatique : les canicules, pandémies, inondations et autres événements climatiques violents se systématisant, les assurances ne couvriront plus certains événements. Que ferons nous par exemple sans tous ces festivals d’été qui représentent une part colossale de l’activité culturelle et de l’économie du spectacle vivant ?

Le virage ne pourra pas être entrepris par les artistes seuls : nous appelons aujourd’hui  à une convergence des acteur·rice·s de la musique ainsi qu’à la mise en place d’une politique publique pour une écologie de la musique vivante.

ARTISTES, TECHNICIEN·NE·S, LIEUX, SALLES, THÉÂTRES, FESTIVALS, PRODUCTEUR·RICE·S, MANAGEUR·EUSE·S, JOURNALISTES, ATTACHÉ·E·S DE PRESSE,
FINANCEURS PUBLICS ET PRIVÉS,

TRAVAILLONS ENSEMBLE À OPÉRER CES CHANGEMENTS MAJEURS

Aussi, nous soumettons des propositions détaillées que nous souhaitons discuter avec tou·te·s les acteur·rice·s du secteur, en particulier les interlocuteurs publics et parapublics (État, collectivités, sociétés civiles, fédérations, etc.) afin que chacun puisse avancer, à sa manière mais résolument, vers des pratiques et des modes de production plus responsables.

Ces prévisions doivent reconfigurer urgemment nos perspectives : n’attendons pas d’être au pied du mur pour imaginer un art vivant qui soit aussi art du vivant.

 

Les signataires :

Leïla MARTIAL – vocaliste, Pierre PERCHAUD – guitariste, Grégoire LETOUVET – compositeur, ELLINOA – vocaliste et compositrice, Aurélien BARRAU – astrophysicien, Fanny PAGES – directrice de l’Astrada/Marciac, Eve RISSER – pianiste, Sylvain DARRIFOURQ – batteur, Adrien CHIQUET – conseiller artistique à l’ONDA, Laurent CARRIER – producteur de spectacle/COLORE,Emile PARISIEN – musicien, Arnaud MERLIN – producteur à France Musique, Théo CECCALDI – musicien, Rémi LECLERC – body percussionniste et pianiste / Cie Humanophones, Philippe OCHEM – directeur de Jazzdor, Louise LAPIERRE – bassoniste, CADENCE ROMPUE – association pour l’écologie dans la musique classique, la fédération d’artistes GRANDS FORMATS, Guillaume PERRET- musicien,Laura PERRUDIN – harpiste, chanteuse et compositrice, Thomas DE POURQUERY – musicien, Christophe CHARPENEL – photographe, Carole ALBANESE – directrice de l’Estive /Scène Nationale de Foix et de l’Ariège, Carolina KATUN – chanteuse, Karl JANNUSKA – batteur, FULL RHIZOME – coopérative d’artistes, Isabelle SORLING – vocaliste, Angela FLAHAUT – chanteuse, Gérard DAHAN – directeur du Petit Duc, Xavier LE JEUNE – directeur de l’Estran, Alex DUTILH – producteur à France Musique, Pascale HENROT – directrice de l’ONDA, Ensemble Vocal SEQUENZA 9.3, Sylvain CATHALA – musicien et enseignant, Charles GIL – directeur de Vapaat Aanet, Mathieu MALGRANGE – directeur de l’Atelier du Plateau, Michaël DIAN – directeur de l’Espace Culturel de Chaillol, Pierre BERTRAND et la CAJA NEGRA, Olivier MICHEL – directeur de LA POP, Nicolas MOREAUX – musicien contrebassiste, Leïla OLIVESI – pianiste, compositrice et cheffe d’orchestre, Olivier CUSSAC – ingénieur du son, Valérie MAUGE – attachée de presse, Philippe LE GOFF – directeur de CÉSARÉ, Antoine GUERBER – directeur de l’Ensemble Diabolus in Musica, Nathalie PIOLÉ – productrice à France Musique, Roger FONTANEL – directeur D’Jazz Nevers, François Xavier HAUVILLE – directeur de la Scène Nationale d’Orléans, CITIZEN JAZZ, L’Orchestre National de Jazz (ONJ), Loïs LE VAN – chanteur, Guillaume ROY – altiste, Laurence RECCHIA – administratrice et cofondatrice de l’Ensemble LES VOIX ANIMÉES, Mouvement HF Occitanie – antenne Montpellier, Alexandre PIERREPONT – directeur artistique de The Bridge, Janick TILLY – directrice de Plages Magnétiques, Julien PONTVIANNE – saxophoniste, Jérôme BADINI – producteur à France Musique, Christophe JONEAU – directeur de La Fraternelle, Pierrette DEVINEAU – directrice de production et de festivals, Denis BADAULT –  pianiste et compositeur, Erell LATIMIER –  artiste sonore, Jozef DUMOULIN – pianiste, Lynn CASSIER – vocaliste, Claire DABOS – administratrice de production, Freddy Morezon – Un Pavé dans le Jazz, Jean-Marie MACHADO – pianiste, compositeur et chef d’orchestre, Eric LE POTTIER – administrateur à Alfred Production, Sophie BERNADO – bassoniste et rappeuse, Paul JARRET- guitariste et compositeur, Blaise MERLIN – musicien et directeur du festival Rhizomes et la Voix est Libre, Jean Paul RAFFIT – guitariste et compositeur, Daniele GAMBINO – directrice artistique Festivals du Parc Floral, Xavier LEMETTRE – directeur de Banlieues Bleues, Sven CLERX – percussionniste, Corentin QUEMENER – batteur, The Very Big Experimental Toubifri Orchestra, Renaud BAILLET – programmateur du Petit Faucheux, Hughes KIEFFER – directeur de Marseille Jazz des Cinq Continents, Philippe VINCENT – chroniqueur Jazz Magazine, Charlotte WASSY – chanteuse, Robin FINCKER – saxophoniste, Franck BERGEROT – journaliste Jazz Magazine, Boris DARLEY – ingénieur du son, Tiphanie MOREAU – chargée de diffusion / Orchestre National de Jazz (ONJ), Mathieu CARDON – chargé de diffusion / Les Productions du Vendredi, Alain BELLON – responsable associatif de “Crest Jazz”, Isabelle MECHALI – directrice du festival Jazz au fil de l’Oise, CÉSARÉ – Centre National de Création Musicale, Alexandre HERER et le Collectif ONZE HEURE ONZE, Christophe ROCHER et Ensemble NAUTILIS, Gary BRUNTON – contrebassiste, les 30 musicien·ne·s, technicien·ne·s, administratrice et producteurs de SURNATURAL ORCHESTRA, Paul WACRENIER – pianiste, percussionniste et compositeur, Julie SAURY – batteuse, Jacques PARIZE – président de D’JAZZ KABARET / MEDIA MUSIC-Dijon, Jean-Marc SERPIN – contrebassiste / Pulcinella, Anne-Marie PAREIN – administratrice et bénévole à la LPO, Jean François VROD – violoniste, Bastien PICOT – chanteur, Philippe BALIN – président de l’Osons Jazz Club, Arnaud SERRE –  président Un Moment Jazz – APEJS, Iris LANCERY – musicienne, Bruno CAPELLE – compositeur, Didier LEVALLET – contrebassiste et directeur artistique de “Jazz Campus en Clunisois”, Will GUTHRIE – batteur et percussionniste, Marc PICHELIN – musicien, cie Ouie/Dire, Melaine DALIBERT – pianiste et compositeur, Aurélien PITAVY – directeur de Charlie Free, Nathalie BASSON pour JAZZ IN ARLES /responsable de l’Association du Méjan à Arles, Pierre ARDONCEAU – Académie du Jazz / chroniqueur Jazz Magazine, Jean-Pierre BISSOT – directeur ASBL Gaume Jazz, Philippe FAYRET – directeur du MILLAU JAZZ FESTIVAL, Mathieu JOUAN – directeur de Citizen Jazz et Epistrophy, Sandrine LE MALEFANT – chargée de diffusion / La boîte à Sandrine / “DAPCE – Le Réseau”, Marianne CLAIR – responsable de l’action culturelle à l’Orchestre National de Jazz (ONJ), Pierre DAYRAUD, batteur et percussionniste, Grégoire TERRIER – musicien et compositeur, Catherine CROUZAT – chargée de production, Arthur OWER – ingénieur du son, Franck BIGOTTE – photographe pour Citizen Jazz, Samuel THIEBAUT – producteur (Oléo films), Christian DUTURC – président de Jazz à Oloron /Festival “Des Rives et Des Notes”, Robert PEYRILLOU – président de Souillac en jazz, Maxime BOBO – saxophoniste, Joël TROLONGE – contrebassiste, Duo Cirla Trolonge, Etienne LECOMTE – flûtiste, Régine GESTA – chanteuse et pédagogue, Xavier PREVOST – auteur multimédia et Membre de l’Académie Charles Cros & de l’Académie du Jazz, Amaury CORNUT – Murailles Music, Jane GRAY – chargée de production / Communauté d’Agglomération Grand Paris Sud, Pierre TEREYGEOL – guitariste, Christian BOPP – tromboniste, Tifenn EZANNO, chargée de production, Jean Pierre LAYRAC, Président du Festival d’Altitude JAZZ A LUZ, Anne-Laure LEMANCEL – Journaliste / RFI Musique, Benjamin NID – saxophoniste / The Very Big Experimental Toubifri Orchestra, Yolni ZELNIK –  contrebassiste, Etienne CABARET – clarinettiste, Maëlle DEBROSSES – altiste, Sandrine MARICOT-DESPRETZ – Paysages Humaines / productrice de musique, Nawel BENZIAME, directrice de production du Umlaut Big Band, Romain DANZANVILLIERS – agent artistique, Emilien DE BORTOLI – saxophoniste, violoncelliste et compositeur, Quelen LAMOUROUX – musicienne, Marie-Pascale DUBÉ – comédienne, chanteuse et réalisatrice, Charlène MOURA – saxophoniste et chanteuse,  Marel KASTELNIK –  pianiste, Laurent KOUBY- directeur et fondateur du Cooksound Festival, François COTINAUD – compositeur et soundpainter, Daniel BEAUSSIER, Musicien-Fondateur EDIM, Teun VERBRUGGEN – batteur/directeur de la salle Werkplaats Walter et du label rat records, Allain HOUDAYER – musicien, Françoise DEVIENNE – directrice du Jazz-Club de Dunkerque, Armel BOUR – directrice du Cri du Port, Isabelle CIRLA – clarinettiste et saxophoniste, Amélie BERSON – flûtiste, Cécile ANDRÉE – vocaliste, Benjamin MAUMUS – Association Triple A + Festival Baignade Interdite, Emma REYMOND – attachée aux relations publiques / SMAC Paloma Nîmes, Eléonore DIAZ – chanteuse, Arthur ALLARD – batteur, Chantal HOCDE DEL-PAPPAS – costumière, Marie SIGAL, chanteuse et auteure,  Laetitia ZAEPFFEL – directrice de production et accompagnement / La Zède, Caroline CHAMPY TURSUN – chanteuse, Elsa MOATTI – violoniste, Lou PRINGENT – administratrice de production Jazz à Junas, Lou-Miléna FOUQUET, chargée d’administration et de production à Labeaume en Musiques, Gerald GIMENEZ – guitariste, Nicolas SOUCHAL – trompettiste, Jordan PHILIPPE (aka Every Day in June) – saxophone, flûtes et machines,  Nicolas THIRION – directeur artistique Why Note / Ici l’Onde, Luisa PIETROBON – chanteuse, Prêle ABELANET – compositrice, accordéoniste et batteuse, Marlène LAROY – association Tonnerre de Jazz, Alexey ASANTCHEEFF – pianiste, Philippe METZ – directeur de Music’Halle /MILLAU JAZZ FESTIVAL,  Brigitte LALLIER-MAISONNEUVE – Athenor, Thoine THYS, saxophoniste, Ferdinand DOUMERC – musicien / Pulcinella, François « PACO » LABAT – musicien, Benjamin MOUSSAY – musicien et enseignant, Aude COMBETTES – artiste musicienne, Fred GIET – artiste musicien, Corentin RESTIF – musicien, Marie-Françoise GOVIN, bénévole engagée, Frédéric CAVALLIN – batteur et percussionniste, Marlène ROSTAING – danseuse, Jacky CHRIQUI – plasticien, David SANSON, auteur et curateur, président de l’Ensemble O, Stéphane GARIN – percussioniste, phonographe et compositeur, Christine BERTOCCHI – chanteuse, Bunny CHRIQUI – comédienne et plasticienne, Marlène CONTINENTE – Chant, artiste enseignante, Eric PROST – saxophoniste et membre du comité artistique du Crescent, Christophe DAL SASSO – compositeur, Aude CHANDONÉ – déléguée générale de Grands Formats, Le collectif PÉGAZZ ET L’HÉLICON, Manuel HERMIA – saxophoniste, Julien COURQUIN – directeur de production/Murailles Music, Julien TAMISIER – Directeur de l’AJMI, Lucile CHRIQUI, chanteuse/ arrangeuse, Gilles LABOUREY – Directeur de Salon de Musique, Manu HERMIA – musicien, Anne MONTARON – productrice radiophonique, Vassilena SERAFIMOVA – percussionniste,  Alban DARCHE & l’ORPHICUBE, Sylvain CHOINIER – musicien, Nathalie RACINE – administratrice du collectif LES VIBRANTS DEFRICHEURS,  Joce MIENNIEL – flûtiste, Julien MENSION- chargé de production / FULL RHIZOME, Juan Camilo HERNANDEZ SANCHEZ – compositeur, Cédric FASSENET, directeur des Scènes du Jura / Scène Nationale, Cynthia ABRAHAM – vocaliste, Mathilda HAYNES – guitariste, Thomas ENHCO pianiste et compositeur, Lou TAVANO – chanteuse, Catherine DELAUNAY – clarinettiste, Sébastien LAGRAVE – Africolor, Julien DESPREZ – musicien / performer, Margaux HARDOIN – chargée de mission communication et ressources à Grands Formats,  Julien MARGA – guitariste, Emily REMY – productrice et co-fondatrice d’Anima Nostra, Claire ALLOUL – vocaliste, Christopher GIBERT – compositeur et chef du Choeur de Chambre Dulci Jubilo, Christian TAILLEMITE – Citizen Jazz, Monic FELDSTEIN – journaliste/animatrice, Mathilde VRECH – vocaliste, violoniste, Fidel FOURNEYON, Kostia PACE – Jazz Station (Bruxelles), Gwen ROUGER – artiste musicienne – codirectrice ensemble Soundinitiative, Carla GAUDRÉ, Daphné DERIEUX – harpiste, Ben RANDO – musicien, producteur, Cynthia CALDERON – directrice du Festival de Jazz de León (Mexique), Caroline GARAY – ChänChän, Théo MORIN, Guillemette GATINEAU – Cie organic orchestra, Tatiana PARIS – musicienne, Francois-Pierre BARRIAUX – Citizen Jazz, Lecollaire YANN – clarinettiste, Céline SCHMITT – Musicolor, Ariane NOIROT, Véronique TRUFFOT, Ernest BARBERY, Joris LE DANTEC – vocaliste, Christine MARTIAL, Aurélien GALICHET, Grégoire TERRIER – compositeur/producteur, Théo GIRARD, Emmanuel BORGHI, Ensemble PTYX, Jean-Laurent CAYZAC, Stéphane SCHARLÉ – OZMA / La Compagnie Tangram, Pauline VANAGT, Noé CLERC – accordéoniste, Laurent MEYER – batteur et percussionniste, Patrick FRADET – guitariste compositeur directeur artistique de Orkestronika, Nicolas POMMARET – producteur Déclectic Jazz, Delphine TOUCHET – administratrice, l’Atelier du Plateau, Maude FAVENNEC – artist development, Kalima YAFIS KOH, Charlotte ADRIEN, Julien LOUTELIER – musicien (batteur), Raphaël SIBERTIN-BLANC – violoniste, David AKNIN – musicien, producteur, Francois POITOU – YovoMusic, Mehdi DJEBBARI – rédacteur et programmateur radio, Cie Organic Orchestra, Brice PERDA – tubiste – cuivriste – chanteur, Laurent MARC – vibraphoniste et technicien de mastering , Martine ALO – chanteuse, Loïc GUÉNIN – Le Phare à Lucioles / Le M![lieu], Christophe MEYNIER – Caves de Dole et musicien indépendant, Léa CASTRO, Raphael HERLEM, François JEANNEAU, Aline MICHLER – artiste, Georges CARNEIRO – auteur compositeur interprète INCARNE HERO, Karine GUIZEN – bookeuse à Just Looking Production, Louise THIOLON – artiste musicienne, Marie-Madeleine ROUGIER-DUPUIS, Julie MATHIEU MINICONI, Sébastien GILLOT, Julie CAMPICHE – harpiste & compositrice, Amandine GEROME – technicienne son et lumière, Heddy BOUBAKER, Eddy CAMBIN, Jeanne GANDET, Matthieu MARTHOURET – We See Music Diffusion, Adrien BATARDY, Thomas D’ARBIGNY DE CHALUS, Marion GASTALDO – Cie voQue – Jacques Rebotier, Richard CZAPLA, Sylvie GUILLET – Bénévole au Respire Jazz Festival/coopératrice de la Loco Bio, Manuel MARCHÈS, Martin WANGERMÉE – batteur, Coline VANDENBERGHE – La Musica Artists / DA Musique(s) Rive Gauche, François RIPOCHE, Sonia CAT-BERRO – chanteuse, Etienne MÉZIÈRE, Christophe ROURE, Marc RIBES – Marc Ribes design, Bernard WYSTRAËTE, Mélanie RALLO – chanteuse, Mathieu LAPLANCHE – percussionniste, Mélanie BOURIRE – chanteuse, percussionniste, Stephen DASTUGUE, Itô BALAHY, Xavier RUBIN – guitariste – Compositeur, Julien HARAUX, Christine COOLS, Ann O’ARO – auteure-compositrice-interprète, Cyrille VERDEAUX – Clearlight 888 music, Yannick BENOIT, Daniel MERINO, Eve VAN NEDERVELDE, Babette COUTURIAUX, Noelle BOUDOT, Juliette SERRAD – violoncelliste/chanteuse/compositrice, Daniel RUCH, Sophie LELIEVRE, Claudine FRANÇOIS, Aurèle SALMON – auteure-compositeure-interprète, Joelle CHARRIER, Philippe DESCHEPPER, Emmanuel PISTRE, Roland FARJON – attaché de presse, Marjorie GODET, Martine DUBRAY, Laura LAURA LITTARDI – musicienne, Christine BOURGAULT, Pascal MULILIÉ, Eric GELAS, David AMAR, Pauline PERRUDIN, Camille GASQ, Audrey GARY – compagnie Juste Ici, Arthur BACON, Colin NEVEUX – batteur, Éric MATHIEU, Isabelle OLIVIER – Metamorphose, Mélanie SCHERMULY, Philippe SOIRAT, Dominique ROUSSEAU – contrebassiste, Aurore ALLO – Cie Des Crocs Dans Les Yeux, Dany HAMARD, Yacine GHELLAL, Evelyn ZELEDON, Hugues MAYOT, Sylvia AUCLAIR – chanteuse, Raphael ILLES, Cathy BIAU, Noemi BOUTIN – 1983, Alain DUCQ, Juliette GARIDEL, Philippe CONRATH – Cobalt, Géraldine CROZET, Eric LE MAITRE, Eli FROT – pianiste, Angélique CONDOMINAS – Frangélik, Emilie TIERSEN, Achille AUTIN – musicien, Yohan ZEITOUN – créateur sonore et assistant chorégraphe, Anne-Laure GALLEY, Sophie LE MORZADEC – chanteuse, Sebastien RONSSE – Boite Noire, Françoise LE GOFF GENTY, Alice BOURDELIER, Géraldine CROZIER, Sarah KLENES, Clément SMADJA – batteur/contrebassiste, Samuel BROUILLET – Zebulon Régie, Cédric LAVAL – Bøl, Roger RICHARD, Virginie VIDAL – chargée de production, Nathalie PEYNICHOU – chorégraphe, Mael MOREL – Engrenages, Géraldine ZANKASKA – Compass Music, Hugo LOÏS – Trouble Publishing Inc., Céline MOUSSEAU – Engrenages, Claire CHADUC, Nathanael ZARCA – chef de choeur, Bruno FOGLIA, François BERNE – responsable programmation festival jazz au sommet, Emmanuel FORSTER – musicien, Justine MEYER, Dominique SCHEIDECKER – BatÔJazz, Alban MICHAUT, Alexandre VERBIESE, Cyril JOLLARD – La Soufflerie / Rezé, Erwan MENGUY – flutiste, Marie MEIGNAN – régie de production, Yves VERBEELEN – artiste, Hervé BEZAMAT – guitariste et compositeur, Estreilla BESSON, Pauline GOUZENNE – Les Filles sur le Pont, Yann CLEARY – artiste, Christine AUDAT, André KLENES, Mara KOLIBRI, Jean-Pierre BOISTEL, Claire DUBUISSON, Jean Lou FRANCE – amateur, Philippe HENNER – bassiste/contrebassiste, Marie DIMUR, Yan VAIGOT, Benjamin DURAND – musicien, Julien ALBA – En Nord Massif, Etienne DELESSE – technicien – Le PAX, Ghislaine JADOT, Pascal GEORGES – professeur de musiques actuelles amplifiées – Compositeur/Arrangeur – Claviériste, Anaïs MOREAU – violoncelliste, Elsa VIGUIER – Millau en Jazz, John FERST – guitariste et compositeur, Frédéric L’ÉPÉE – compositeur, Stéphane DURAND, Jean-Christophe DELCROIX – Le Tamanoir Lieu de toutes les musiques du Monde actuel, Emily ALISON, Eric M. – Collectif Basse Tension, Bastien RIBOT – violoniste, Jeremy SASSIER – AMMD, Guillaume MAGNE – musicien, Emilie CALMÉ – flûtiste, Aurélien ROUX – musicien – AMMD, Amanda GARDONE, Benoit CANCOIN – contrebassiste, Sophie DELIZÉE, Raphaël ANDRÉ – Pépinière SousLePont, Olivier MAUREL – HANATSUmiroir / Ork – Christiane ILDEVERT, Lionel GARCIN – L’orée du bruit, Lionel MALRIC, Elsa SWING – Les Hirondelles, Gaston BRAKA – musicien, François WONG, Emmanuel SCARPA – batteur, Luc DERHI – ingénieur son, Odran TRUMEL – Le Temps Machine, Romain BARET – Collectif Pince-Oreilles, Benjamin SCHAEFER – pianiste/ compositeur/ membre du directoire chez Deutsche Jazzunion, Marc LINTS – consultant Actions Culturelles Internationales, Louise ROBERT – Festival La P’Art Belle, Jaco PARMENTIER – musicien

Voici des idées concrètes pour accorder nos pratiques à la sauvegarde du vivant. Il ne s’agit pas de dicter des règles ou des normes mais de tenter d’imaginer des pratiques que nos écosystèmes peuvent supporter. Nous avons conscience que même avec des valeurs communes nous pouvons arriver à des conclusions différentes. C’est pourquoi nous souhaitons que ce texte soit évolutif et interactif. Nous vous encourageons à y apposer vos commentaires et espérons que ces échanges feront évoluer et grandir nos idées sur le sujet. Certaines propositions paraîtront radicales et difficiles à mettre en oeuvre. Toutefois nous estimons qu’il est urgent d’amorcer ces changements et souhaitons que ces premières propositions servent de base aux discussions à venir.

 

A) Les artistes :

1) TRANSPORTS :

Il est clair que certains d’entre nous n’auront pas toujours le luxe d’avoir le choix dans leurs pratiques concernant les transports, néanmoins nous proposons de/d’ :

  • Cesser de se déplacer en avion dans les cas de dates isolées à l’étranger : refuser ces propositions si elles ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une tournée de plusieurs dates et d’une période d’immersion ou d’un projet au long cours1.

Un simple aller-retour Paris-New York fait dépasser le quota d’émission de CO2 par habitant et par an supportable pour la planète. Toutes nos émissions au-delà de ce chiffre sont à crédit et impactent irrémédiablement l’environnement. En conséquence :

  • S’efforcer de se limiter à un vol long-courrier par an maximum : Il ne s’agit pas de se couper d’échanges culturels précieux avec des destinations lointaines mais d’en limiter la fréquence et de renforcer leur contenu (séjours plus longs),
  • Stopper le recours aux vols intérieurs ou pour toute autre destination faisable en train,
  • Privilégier les tournées/résidences plutôt que les dates isolées,
  • Proposer des actions corollaires aux dates de spectacle pour permettre davantage de rencontres : temps de partage, performances in situ, rencontres avec les artistes locaux ou encore avec les musicien·ne·s en herbe sous forme d’ateliers,
  • S’opposer à la clause d’exclusivité de certains lieux qui interdisent contractuellement aux artistes de se produire dans la région plusieurs mois avant et après leur événement.

2) LA VIE EN TOURNÉE :

Nous proposons de/d’ :

  • Se munir d’une gourde/récipient et ne plus utiliser les bouteilles en plastique à usage unique, que ce soit en répétition ou en concert,
  • Indiquer sur les riders le refus de catering ou repas préparés provenant de l’industrie agro-alimentaire. Requérir la provenance de produits locaux et de préférence issus d’une agriculture biologique,
  • Limiter significativement notre consommation de viande et proscrire celle issue de la filière industrielle en privilégiant au maximum les menus végétariens sur nos riders et fiches techniques (l’industrie carnée est l’industrie la plus polluante au monde2),
  • Cesser de remplir les poubelles publiques avec nos déchets plastiques : essayer au maximum de préparer ses encas chez soi pour nos repas en train. Pour les casse-croûte achetés en tournée : éviter les chaînes de boulangerie, supermarchés et fast-food appartenant le plus souvent à des multinationales sans éthique environnementale. Se contenter des offres sans emballage plastique (alternatives : provisions, achats en vrac). Systématiser l’usage des gourdes, thermos ou récipients solides à remplir à la place du gobelet en plastique,
  • A l’hôtel, veiller aux petits gestes écologiques : éviter les bouteilles plastiques, apporter ses propres produits de toilette, ne pas utiliser les sacs poubelles à disposition pour de petits déchets.

3) NOS PRATIQUES QUOTIDIENNES :

Nous proposons de/d’ :

  • Acheter son matériel dans les boutiques spécialisées ou sur des sites d’occasion. Privilégier le troc, imaginer toutes sortes d’échanges insolites et créatifs,
  • Pratiquer la réparation plutôt que le rachat de matériel neuf,
  • Eviter les grandes chaînes de livraison de matériel et tous les sites en ligne qui écrasent les commerces de proximité,
  • Sobriété numérique : limiter le stockage numérique qui génère une pollution colossale3,
  • Poursuivre la réflexion sur l’éco-responsabilité des supports d’écoute de la musique : la meilleure solution diffère en fonction de la récurrence des écoutes (streaming, téléchargement, cd, vinyle). Dans le cas de supports physiques, généralisons les pochettes cartonnées ou en matériau recyclable,
  • Avoir une utilisation raisonnée de l’éclairage sur scène, dans les loges et les locaux de répétition,
  • Afficher l’appel “Pour une écologie de la musique vivante” sur le stand disques destiné aux dédicaces afin de sensibiliser le public à nos problématiques. Systématiser les bords plateau et les échanges avec le public pour aborder ces sujets.

B) Les producteur·ice·s, tourneur·se·s, manager·euse·s et attaché·e·s de presse, journalistes spécialisé·e·s :

Nous proposons de/d’ :

  • Mêmes mesures citées plus haut pour les artistes,
  • Axer le travail d’accompagnement des artistes sur le développement de tournées et de partenariats de longue durée avec les salles, les festivals et les territoires,

En opposition aux dates isolées : travailler à coupler les dates en tenant compte des distances qui séparent les lieux les uns des autres.

  • Repenser le récit de l’artiste “star” : agenda qui déborde de concerts, jauge toujours plus grande, hôtel 4 étoiles, salaires exponentiels… Revaloriser le statut des artistes engagés et impliqués localement en permettant qu’une part importante de l’activité puisse avoir lieu sur le territoire de résidence,
  • Sélectionner au maximum des hôtels/gîtes labellisés éco-responsables pour le logement des artistes.

C) Les lieux, salles et festivals :

Nous proposons de/d’ :

  • Mêmes mesures citées plus haut pour les artistes,
  • S’efforcer d’optimiser la présence des artistes : plusieurs représentations du même programme dans le même lieu et/ou aux alentours,
  • Mettre en place d’autres actions des artistes invités, en incluant les divers acteurs locaux pour des ateliers, des échanges, des performances, des rencontres… Proposer aux artistes la possibilité de jouer des petites formes (solos, duos…),
  • Abandonner les clauses d’exclusivité interdisant contractuellement aux artistes de se produire dans la région plusieurs mois avant et après leur événement : se concerter avec d’autres acteurs du territoire pour organiser des tournées éco-responsables,
  • Si une arrivée J-1 pour l’équipe artistique est nécessaire – découlant d’un temps de trajet privilégiant un moyen de transport éco-responsable : négocier avec la production la problématique d’éventuels coûts supplémentaires,
  • Fournir des bouteilles en verre réutilisables et bannir tout le matériel en plastique : bouteilles, gobelets, assiettes, couverts…,
  • Sélectionner au maximum des hôtels labellisés éco-responsables pour le logement des artistes
  • Privilégier le catering végétarien. Proscrire la viande ou le poisson issus de l’élevage industriel et intensif,
  • Privilégier les produits locaux et issus de l’agriculture biologique,
  • Réduire les supports de communication papier (affiches et flyers),
  • S’adresser aux imprimeurs locaux labellisés Imprim’Vert, renoncer aux offres internet malgré le différentiel de tarif,
  • Ajouter un onglet co-voiturage pour le public sur son site internet : cela permettra non seulement de réduire les trajets polluants mais aussi de donner à d’autres personnes la possibilité de se déplacer,
  • Etablir une charte spécifique au lieu et à la manifestation qui peut également être remise aux musicien·ne·s à leur arrivée (ou affichée) en listant ce qui est mis en place,
  • Sensibiliser les spectateur·rice·s, les partenaires et les artistes programmés à cette démarche pour susciter une adhésion et une participation collective à cette démarche solidaire et écologique.

D) Les partenaires qui soutiennent les artistes et le secteur musical :

Nous proposons de/d’ :

  • Avoir une attention particulière pour les projets artistiques soucieux de se développer en harmonie avec leur environnement,
  • Introduire une souplesse dans les critères d’appréciation des projets afin de favoriser davantage une appréciation qualitative plutôt que quantitative,
  • Développer des dispositifs d’aide spécifiques pour accompagner ces projets (aides pour l’achat de matériel recyclable, aides pour les frais complémentaires engendrés par des déplacements plus longs mais moins polluants…).

 

Quelques sources sur certains sujets sensibles :

Elles peuvent évidemment être mises en contradiction avec d’autres mais ce sont celles qui, à l’heure actuelle, ont influencé nos réflexions.

1. L’avion est le moyen de transport le plus polluant par passager et par kilomètre parcouru. “Sur un trajet de 500 km aller-retour environ, l’avion émet entre 145 et 241 kg de CO2 par passager. La voiture est également très polluante, avec une émission de 170,6 kg de CO2″  (source : Reporterre). En revanche, je pense qu’il serait honnête intellectuellement de préciser que les voyageur.se.s qui font Paris / Bangkok seul.e.s dans leur voiture ne sont pas fréquent.e.s. Il faudrait réduire de 70% le nombre de vols d’ici 2030 pour s’aligner sur une trajectoire de réchauffement planétaire à +1,5°C (Sachant que les +1,5°C sont déjà loin derrière nous) (Source : B&L) Le quota carbone par individu en 2050 devrait être de 1.2 à 2 tonnes par an par habitant (contre 11,9 tonnes en moyenne pour un.e française aujourd’hui) alors qu’un aller-retour Paris/NYC représente une tonne de CO2… (Source : Carbon Brief) Concernant l’évolution du trafic aérien, rien de rassurant vis-à-vis de l’objectif de réduction drastique des émissions de CO2. “En 2018, 4,3 milliards de passagers ont embarqué sur l’une des 1 300 compagnies aériennes à travers le monde. Plus que le nombre de passagers en valeur absolue, c’est la croissance fulgurante du secteur qui frappe. Tous les 15 ans, le transport aérien voit son nombre de passagers doubler.“ selon The Conversation. Un seul voyage en avion anéantit tous les efforts écologiques réalisés au quotidien.

2. L’élevage est aujourd’hui responsable de 14,5% des émissions de gazs à effet de serre. 91 % des terres « récupérées » dans la forêt amazonienne servent aux pâturages ou à la production de soja qui nourrira plus tard le bétail. 70% de l’eau potable mondiale est utilisée pour l’agriculture et la majeure partie pour l’élevage. Pour finir, 70 % de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage, soit pour la production de céréales destinées à nourrir le bétail. Près de 40 % des céréales produites dans le monde servent à nourrir les bêtes que nous mangeons (source : Le Monde).

3. Lorsque vous envoyez un sms ou mail ou que vous postez une photo de vacances sur un réseau social, cette information est stockée dans un data center. Derrière la terminologie de «data center» (ou centre de données dans la langue de Molière) se cache en réalité un lieu physique (pièce, voire bâtiment) regroupant des serveurs informatiques, jusqu’à à plusieurs milliers (source: science et avenir). Lorsque cette donnée est stockée, elle l’est en double et dans deux serveurs différents afin de favoriser la sécurité en cas de potentielle panne. Les datas center consomment énormément d’énergie pour leur alimentation et leur refroidissement. L’alimentation est générée par des combustible fossiles. Une pollution dormante effrayante car celle-ci double tous les deux ans. (Source Cleanfox).

Feuille © DR – Grand Ensemble Koa © Bruce Milpied

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