Tribune d'avril

Tribune d’avril

Une rencontre avec le Latvian Radio Big Bang

Il y a quelques semaines j’ai eu le plaisir d’être invité par un « jeune orchestre » à Riga, le Latvian Radio Orchestra. Pour rentre hommage à l’amitié franco-lettone, à l’occasion du festival Saxophonia, l’orchestre m’a commandé un programme complet avec quelques invités issus de la Caja Negra (Minino Garay, Paloma Pradal et Christophe Lampidecchia). Il s’agissait d’évoquer le Riga de l’entre-deux guerre qui vivait à l’heure Parisienne. Riga, il y a 100 ans était en effet surnommé le « petit Paris de la baltique ». J’ai choisi d’écrire des « fresques » musicales inspirées de tableaux des maîtres tels que Picasso ou Chagal qui s’illustraient dans les célèbres « nuits de Montparnasse », en essayant de tisser des ponts entre couleurs et sons, musique et peinture.

Pourquoi un « jeune orchestre » ?

Ce nom raisonne comme une institution ancienne et respectable. C’est vrai : c’était un big band de radio pendant de nombreuses décennies jusqu’à la fin des années 90. Puis les moyens et les modes changeant, l’orchestre a cessé son activé. Puis, sous l’impulsion de jeunes musiciens dynamiques et talentueux, Karlis Vanags directeur musical secondé par Davis Jurka, avec l’aide d’un parrain très charismatique, Raimonds Pauls, l’orchestre est ressuscité depuis presque 10 ans maintenant. Aujourd’hui toujours en résidence à la maison de la radio de la capitale lettone, l’orchestre n’est plus salarié par la radio, mais fonctionne avec une structure de production indépendante. Il donne chaque année plus de quarante concerts avec une dizaine de programmes différents, mélangeant programmes de création et projets de répertoire.

Le Latvian Radio Big Band est donc un « jeune orchestre » constitué de musiciens âgés de 22 à 32 ans, talentueux, possédant un réel sens du jeu d’ensemble et qui prennent un plaisir communicatif à faire sonner l’orchestre ! Quoi de plus normal avec une telle activité. De nombreuses tâches techniques, de régie, ou même administratives sont remplies par des membres de l’orchestre, ce qui donne la certitude que tout le monde s’implique dans la dynamique de l’œuvre collective.

Une machine bien huilée, bien régie, qui ne demande qu’à voyager et à venir en France, ce qui risque d’être rapidement le cas.

Cette invitation en Lettonie, me rappelle l’importance de vous dire que chez Grands Formats, nous avons lancé en 2018 le réseau European Grands Formats. Déjà 10 membres en un an ! On espère grâce à cela développer les échanges internationaux et artistiques. En attendant, le prochain rendez-vous du réseau sera organisé le 27 avril de 10h à 13h à l’occasion du salon international Jazzahead (lieu du rendez-vous : Magazinboden in Kulturzentrum Schlachthof, Brême, Allemagne) ! On se retrouve là-bas !

What else ?

Evoquer cette époque des années folles me fait penser que les grandes formations dans le jazz vont bientôt avoir 100 ans et qu’il serait bon de penser à un bel évènement pour la saison 2023 – 2024, 100 ans après que Fletcher Henderson, Duke Ellington ou encore Jimmie Lunceford aient créé leur premiers proto-big band ! Ça se fête, non ?

Pierre Bertrand, chef d’orchestre de Caja Negra et membre du Conseil d’Administration de Grands Formats

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