Le blog de la fédé

Communiqué du 26 mai 2020

Depuis les premières restrictions d’activité des salles de spectacle, le 9 mars, les annonces présidentielles et gouvernementales concernant les activités artistiques et culturelles s’enchaînent de manière erratique.

Comment peut-on affirmer le 16 avril que de « petits festivals » pourraient se tenir à partir du 11 mai, comme si ces milliers d’événements étaient en mesure de s’adapter d’un jour à l’autre à de nouvelles conditions d’accueil, alors qu’aujourd’hui la quasi-totalité des festivals d’été est annulée et que les festivals d’automne n’ont à ce jour aucune visibilité quant aux conditions de leur tenue ?

Comment peut-on annoncer le 15 mai que la Fête de la musique aura bien lieu, que les parcs à thèmes et les lieux de cultes rouvrent, alors que l’ensemble de nos établissements sont fermés au public, qu’aucun atelier de pratiques artistiques de proximité n’est autorisé, qu’aucune équipe artistique n’a pu réellement reprendre son activité, et que la plupart des salles de spectacle ou de concert n’envisagent aucune reprise possible de la diffusion avant janvier 2021 ?

Comment peut-on interdire les événements de plus de 5.000 personnes jusqu’au 1er septembre, les regroupements de plus de 10 personnes jusqu’au 2 juin, sans limitations intermédiaires à venir, et rouvrir le Puy du Fou ?

Comment peut-on faire de telles annonces alors qu’elles sont en totale contradiction avec les protocoles sanitaires promus par le ministère de la Culture pour l’ensemble des pratiques artistiques et culturelles, pour la tenue des festivals et la réouverture des lieux au public ?

Comment peut-on être autant déconnecté de nos réalités professionnelles, de nos calendriers, de nos outils de travail ?

Comment peut-on annoncer le 6 mai des mesures pour la culture (prolongation des droits pour les intermittents du spectacle, commandes publiques massives pour les créateurs, fonds festivals…) et n’en n’avoir, trois semaines après, aucune traduction concrète ?

Comment peut-on « refonder une ambition culturelle pour la France » en « libérant les énergies créatrices et en donnant aux artistes confiance et visibilité » sans qu’aucune mesure sérieuse de politique publique ne soit prise ?

Comment peut-on annoncer pour le secteur culturel 50 millions d’euros par-ci, 5 millions par-là, alors que le tourisme, fortement dépendant de nos activités, se voit proposer une enveloppe de 18 milliards ?

Comment peut-on si peu connaître les domaines de la culture qui sont faits de professionnels, organisés et structurés ? Comment peut-on nous traiter comme des amuseurs publics, des histrions égocentriques vivant par et pour leur passion, alors que nos activités ont un poids économique direct de 47,5 milliards d’euros, soit 2,2 % de l’économie française et concernent 2,4 % de sa population active ?

Comment peut-on tenir aussi peu compte des arts et de la culture, quand ils s’appuient sur les droits humains fondamentaux et revendiquent l’émancipation des personnes et le développement de leurs capacités ? Comment peut-on privilégier la rentabilité économique et les seules industries au détriment de la multiplicité des forces citoyennes au service de l’intérêt général ?

Vos annonces distillées au compte-goutte, contradictoires et incohérentes épuisent les acteurs, ajoutent de la confusion à la situation, de la désespérance à la fragilisation.

Souhaitez-vous vraiment que le monde des arts et de la culture sorte de cette crise ? Alors, faites-le avec nous, pas contre nous !

 

Les signataires :

·      ACTES IF – Réseau solidaire de lieux culturels franciliens

·      AJC – Association Jazzé Croisé

·      CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants

·      FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles

·      FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles

·      FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques actuelles

·      La Fédération de l’Art Urbain

·      FNAR – Fédération nationale des arts de la rue

·      FNEIJMA – Fédération Nationale des Ecoles d’Influence Jazz et Musiques actuelles

·      FRANCE FESTIVALS

·      FRACA-MA – Pôle région Centre-Val de Loire musiques actuelles

·      GRAND BUREAU – Réseau musiques actuelles Auvergne-Rhône-Alpes

·      GRANDS FORMATS – Fédération d’artistes pour la musique en Grands Formats

·      OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie

·      OPALE – Organisation pour Projets ALternatifs d’Entreprise

·      PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud

·      Le Pôle – Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles en Pays de la Loire

·      RIF – Réseau des Musiques Actuelles en Ile-de-France

·      RIM – Réseau des indépendants de la musique

·      Le Réseau Musiques Actuelles Grand Est

·      SMA – Syndicat des Musiques Actuelles

·      SYNAVI – Syndicat national des arts vivants

·      THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés

·      UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

·      ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

Télécharger le communiqué

L’évènement organisera son lancement du 2 au 4 octobre en Seine-et-Marne et sera organisé en partenariat avec La Ferme du Buisson – scène nationale, la Communauté d’Agglomération Paris Vallée de la Marne, Les Passerelles à Pontault-Combault, le Printemps du Jazz et la Ville de Noisiel.

La programmation complète sera bientôt dévoilée et nous vous invitons d’ores et déjà à noter dans votre agenda la date du 2 octobre qui sera consacrée à une série de rencontres professionnelles !

En attendant, replongez dans l’édition 2019 !

À l’initiative du REMA, Grands Formats et 38 autres réseaux européens représentant plus de 5000 organisations dans 88 pays, adressent une lettre ouverte aux représentants de l’Union européenne et de tous les pays européens pour inclure la culture, la performance live et les artistes dans leurs plans d’urgence et fonds créés pour faire face à la crise liée au coronavirus.

 

L’Europe a besoin de culture et la culture a besoin d’Europe

Lettre ouverte adressée à :
Madame Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne
Madame Mariya Gabriel, Commissaire pour l’innovation, la recherche, la culture, l’éducation et la jeunesse
Monsieur David Sassoli, Président du Parlement Européen
Monsieur Andrej Plenković, Président du Conseil de l’Union Européenne, Premier Ministre de Croatie
Madame Nina Obuljen Koržinek, Ministre de la Culture de Croatie
Chefs d’Etats et de gouvernements des pays européens
Ministres de la culture des pays européens

La pandémie mondiale de Coronavirus touche l’Europe en plein coeur. Elle bouleverse quotidiennement les modes de vie, la consommation, les échanges, les déplacements. Elle interroge profondément nos sociétés.

Le monde de la culture, et notamment celui du spectacle, est très gravement touché. Les mesures de confinement prises par les gouvernements ont arrêté, du jour au lendemain, sa raison de vivre : rassembler les citoyens pour partager dans un même lieu au même moment le travail des artistes.

L’Europe est notre véritable échelle de territoire. Depuis toujours, les artistes circulent, les échanges entre créateurs ont fait l’Europe, et aujourd’hui, c’est à la dimension de l’Europe que se construisent les créations artistiques, le développement de nos ensembles, de nos orchestres, de nos compagnies, les productions et les publics de nos festivals, de nos salles de spectacle et de concert, de nos opéras.

Les difficultés que pose la pandémie dans le monde de la culture ne sont donc pas seulement nationales, mais bien européennes.

Plusieurs pays européens ont mis en oeuvre des mesures d’urgence pour sécuriser la vie et le travail des artistes et des structures culturelles. Nous nous en réjouissons. Mais à l’échelle de l’Europe, les réponses sont très inégales et le risque est réel de voir certains pays mutilés, car leurs artistes et leurs structures auront disparu de la carte culturelle européenne. De plus, les artistes qui devaient se produire dans des pays dans lesquels ils ne sont pas résidents, ne bénéficient souvent pas des mesures d’urgence proposées aux artistes locaux.

Suite à de nombreux appels, notamment ceux de Culture Action Europe, Live Europe et la pétition en ligne, la Commission Européenne a déjà annoncé des mesures pour le secteur culturel, et notamment la souplesse budgétaire et temporelle dans ses programmes culturels et nous nous en réjouissons. Cela ne pourra suffire. Le temps est venu de faire preuve d’une véritable solidarité européenne. Comme le dit Madame la Commissaire Gabriel1 : « C’est souvent dans des périodes difficiles que les gens ont recours à la culture. Maintenant nous devons nous montrer reconnaissants envers ce secteur, le trésor de l’Europe. »

L’heure est historique pour l’Union Européenne : elle doit placer enfin la culture au coeur de son projet, car c’est dans la création artistique et sa diversité culturelle qu’elle pourra retrouver une âme. La pandémie de Coronavirus oblige l’ensemble de nos responsables politiques à une remise en cause profonde de nos modèles. Construction économique et politique, l’Union européenne peut et doit devenir également, dès aujourd’hui, une construction culturelle et humaniste, accompagnée des moyens qui conviennent.

Il est illusoire de penser que, dans quelques mois, les spectacles, concerts, musées et sites patrimoniaux reprendront là où ils se sont arrêtés. Nos métiers ne peuvent se mettre « en pause ». Ils seront durablement affectés par la crise actuelle.

C’est pourquoi nous appelons tous les pays en Europe : Etats membres de l’Union Européenne et autres pays européens à intégrer la culture, le spectacle et les artistes dans leurs mesures d’urgence.

Nous appelons également l’Union Européenne et les Etats membres à prendre conscience de cette urgence, à dédier une partie conséquente de l’initiative d’investissement en réaction au coronavirus au secteur culturel, et notamment au spectacle, et à penser, dès aujourd’hui, urgemment et profondément une véritable Europe de la culture.

 

CO-SIGNATAIRES DE LA LETTRE

• ACCR – Association des Centres culturels de rencontre
• AEC – Association Européenne des Conservatoires, Académies des Musique et Musikhochschulen
• CIA – Confédération Internationale des Accordéonistes
• CIRCOSTRADA – European Network for Circus & Street Arts
• Culture Action Europe
• ECHO – European Cities of Historic Organs
• EDN – European Dancehouse Network
• EFA – European Festivals Association
• EFNYO – European Federation of National Youth Orchestras
• EJN – European Jazz Network
• EMC – European Music Council
• EMCY – European Union of Music Competitions for Youth
• EMU – European Music School Union
• ENCATC
• ENCC – European Network of Cultural Centres
• EOFed – European Orchestra Federation
• ERIH – European Route of Industrial Heritage
• ESTA – European String Teachers Association
• EUROPA NOSTRA
• European Choral Association – Europa Cantat
• EVTA – European Voice Teachers Association
• FACE – Fresh Arts Coalition Europe
• FEST – Federation for European Storytelling
• IAML – The International Association of Music Libraries, Archives, and Documentation Centres
• IMC – International Music Council
• IMZ International Music + Media Centre
• INES – Innovation Network of European Showcases
• JM International
• NAMM International
• ON THE MOVE
• PEARLE* – Live Performance Europe
• Polish Music Council
• PROCUR.ARTE
• REMA – European Early Music Network / Réseau Européen de Musique Ancienne
• RESARTIS
• TEH – Trans Europe Halles
• TENSO – European network for professional chamber choirs
• Think Big ! The European network for large ensembles of jazz and improvised music
• World Federation of Amateur Orchestras

 

English version

 

CONTACT

Helena De Winter, Secrétaire Exécutive du REMA / Albert Edelman, Président du REMA Nicolas Bucher, membre du Bureau Exécutif du REMA

helena.dewinter@rema-eemn.net / +33 7 62 74 39 91

Une nouvelle période inédite s’ouvre désormais à partir de cette semaine. L’activité économique devrait reprendre doucement, ainsi que l’activité en général, progressivement, mais, pas besoin de le rappeler, le spectacle vivant, les concerts, reprendront en dernier, vraisemblablement au mieux en septembre 2020. Reste à savoir dans quelles conditions ces concerts pourront reprendre. On le comprend, c’est l’intégralité de la saison 2020/2021 qui sera difficile. Je parle de la France, mais ces difficultés concernent aussi l’export de nos musiques et de nos artistes, ainsi que les coopérations existantes.

En parallèle, les perceptions et donc les répartitions de droits d’auteur et de droits voisins diminuent et les commandes d’écriture sont aussi à l’arrêt, tant que des perspectives de diffusion de ces nouvelles créations ne sont pas envisagées.

Un certain nombre de mesures d’urgence ont été mises en place ou annoncées et, sans en faire la liste, on peut déjà les saluer. On pourra bien entendu commenter leur accessibilité, leurs critères, et leurs mises en œuvres.

Mais concentrons-nous désormais sur les mesures de relances. Par exemple, il faudra surveiller l’utilisation de ces 50 millions d’euros nouveaux alloués au CNM, une instance à suivre car sa création a été coupée dans son élan par l’arrivée de cette crise. Nous attendons ainsi dans le courant du mois de mai la constitution du conseil professionnel, sorte de conseil d’administration élargi dont la mission est de représenter l’ensemble des acteurs de la musique (artistes, diffuseurs, auteurs, labels, éditeurs, distributeurs…), toutes esthétiques confondues. Vaste mission dans ce contexte de crise !

Par ailleurs, si les artistes ne peuvent encore se produire devant du public, ils doivent pouvoir répéter, expérimenter, travailler et enregistrer des disques au plus vite et donc savoir dans quelles mesures ils pourront avoir accès aux studios et aux plateaux, afin de préparer l’avenir.

Il faudra suivre aussi le traitement réservé aux plateformes de streaming et de téléchargement, qui continuent de réaliser des profits pendant cette période et qui, déjà hors du contexte de crise, gagnent beaucoup là où les artistes et les labels récupèrent des sommes dérisoires. Rappelons que des discussions sur le projet de loi sur l’audiovisuel devaient commencer en mars 2020 et espérons que ces acteurs du numérique pourront un jour participer au financement de la création artistique et rémunérer plus justement les artistes.

Quoiqu’il en soit, nous constatons que cette période de crise met en évidence les failles d’un système, les interdépendances, les luttes d’influences, mais aussi les inégalités. Alors tentons d’avancer de manière solidaire dans cette relance de notre secteur d’activité.

 

Alexandre Herer, vice-président de Grands Formats, fondateur du collectif Onze Heures Onze et musicien.

 

L’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC) représente l’essentiel de la diversité des équipes artistiques et des lieux de proximité œuvrant dans un esprit d’utilité collective et citoyenne. Un grand nombre d’organisations et collectifs se sont joints à elle, au sein de la Mobilisation Coopération Arts et Culture contre le Covid-19, pour organiser une réponse collective des secteurs artistiques et culturels à cette pandémie.

Ces acteur.trice.s manifestent ainsi leur souhait d’une coopération trans-sectorielle ambitieuse en vue de proposer des solutions solidaires aux difficultés immédiates et de réfléchir à la situation présente, comme à la construction de la période qui s’ouvre.

Dans la pluralité des situations individuelles ou collectives, la grande majorité des équipes artistiques comme des structures qui leur sont reliées se reconnaissent dans les mêmes interrogations fondamentales : comment continuer d’exister ? Comment continuer de créer ? Comment continuer de partager ?

Ces interrogations ne sont pas propres au secteur des arts et de la culture. Une prise de recul est nécessaire, qui ne doit pas être synonyme d’une immobilisation – ni de nos corps, ni de notre pensée – mais bien le moment d’une réévaluation des objectifs que se fixe l’être humain. Nous devons, individuellement et collectivement, changer de cap, bifurquer sur les chemins de l’Histoire.

Une brèche s’est ouverte qui a démontré, de façon claire et non contestable, que les systèmes de pensée dominants à l’œuvre depuis des dizaines d’années dans notre pays et partout dans le monde sont dangereusement prédateurs, pour les communs, pour les personnes, et qu’ils ne génèrent qu’iniquité, concurrence, injustices, isolement et pauvreté.

Aussi, contournons cette énorme faille, aujourd’hui visible par toutes et tous, advenue à l’intérieur même de notre civilisation et de son système social et économique.

Les valeurs partagées au sein des organismes que nous représentons sont les fondations solides sur lesquelles nous pouvons construire une telle entreprise : égalité des chances, équité des moyens, émancipation et épanouissement de la personne, liberté de pensée, de circulation et d’expression, coopération, respect de la biodiversité et des équilibres naturels, puissance de l’entraide, prééminence de l’intérêt général sur les intérêts particuliers, nécessité de la co-construction face aux décisions autoritaristes ou aux oukazes, respect des initiatives citoyennes dans toute leur diversité, droit à l’expérimentation, à l’invention, à l’erreur, dans le plus grand respect des droits humains fondamentaux et des droits culturels en particulier.

De ce fait, nous, organisations réunies au sein de cette mobilisation collective, engageons-nous dans les mouvements de pensée, d’invention, de réflexion qui se mettent en place, des initiatives les plus locales aux mouvements les plus globaux. Soyons force de propositions, en travaillant avec ceux·celles qui pensent et agissent dans des domaines variés. Rejoignons également des mobilisations collectives, citoyennes pour partager avec elles une vision d’un monde solidaire et ouvert.

Les signataires : 

  • Actes if – Lieux artistiques et culturels indépendants en Île-de-France
  • CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants
  • FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles
  • FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles
  • La Fédération de l’Art Urbain
  • FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques actuelles
  • FEVIS – Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés
  • FNAR – Fédération nationale des arts de la rue
  • FRACA-MA – Pôle Région Centre-Val de Loire Musiques Actuelles
  • FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens
  • Futurs Composés – Réseau national de la création musicale
  • GRAND BUREAU – Réseau musiques actuelles Auvergne-Rhône-Alpes
  • Grands Formats – Fédération d’artistes pour la musique en Grands Formats
  • OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
  • PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud
  • POLCA – Pôle Musiques Actuelles de Champagne-Ardenne
  • RADIO CAMPUS FRANCE – Réseau national des radios étudiantes françaises
  • RMAN – Réseau des musiques actuelles en Normandie
  • RIM – Réseau des indépendants de la musique
  • RIF – Réseau des musiques actuelles en Île-de-France
  • Réseau Musiques Actuelles Grand Est
  • SYNAVI – Syndicat national des arts vivants
  • THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés
  • UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
  • ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

Les musicien·ne·s, structures et artistes membres de la fédération innovent et redoublent d’imagination pour rester en contact avec leurs publics, continuer à créer et travailler, et animer un quotidien confiné depuis maintenant plus de 3 semaines.

Nous avons relevé un certain nombre d’initiatives à la fois drôles, coopératives, artistiques, musicales et imaginatives qui aidera certainement à passer dans les meilleures conditions le confinement que nous vivons.

  • Les playlists et albums

  • Solidarité et entre-aide    
    • Organisés par Pousse-pousse production, les “Coworkings musicien·ne·s de jazz” ont repris pendant le confinement à raison d’une réunion par semaine en visio-conférence. Ces réunions ouvertes à tous musicien·ne·s sont des temps de partage, d’échange et de conseils entre participant·e·s.
    • Laurent Mignard et les 15 musicien·ne·s du Duke Orchestra invitent à soutenir la Fondation de France. Un appel à solidarité et aux dons a été lancé pour aider les soignant·e·s, les chercheur·se·s et les personnes les plus vulnérables. En réponse à cet appel, le Duke Orchestra offre un moment de poésie en vidéo.
  • Autres

Compte tenu des circonstances exceptionnelles générées par l’épidémie de Covid-19 et par l’annulation conséquente des concerts, spectacles et autres événements publics, il est décidé de reporter à l’automne l’événement New Deal des 4 et 5 juin 2020.

Très attentive au développement de la pandémie et aux décisions que sont amenées à prendre les autorités publiques, l’équipe organisatrice travaille actuellement à un report de l’opération à l’automne 2020 afin de conserver un temps pour la présentation des productions et projets en cours et favoriser ainsi les conditions de la reprise de l’activité artistique.

Les nouvelles dates seront communiquées rapidement.

En attendant de se retrouver à la Philharmonie de Paris à l’automne, les huit réseaux et acteurs du secteur musical coorganisateurs de l’événement proposent de maintenir un temps de réflexion et d’échanges le 4 juin 2020 avec l’organisation de tables rondes en visio-conférence pour tous les inscrits qui souhaitent participer (programme en cours).

Suivez les dernières actualités de New Deal sur son site internet et sa page Facebook.

Signe des temps 2 !

Quel mois d’avril !

Le COVID-19 s’est invité dans nos vies et nous contraint à mettre un coup d’arrêt net, brutal et soudain à la course folle de nos existences. Rappel au réel, au « vrai » réel trivial, concret de notre condition d’espèce animale sur la planète terre en proie à la maladie, nous rappelant à la précarité de nos vies.

Ce qui était annoncé depuis plus de 40 ans par les scientifiques, les écologistes et lanceurs d’alerte advient. Nous sommes tout à coup contraints de voir ce qui est à l’œuvre sans possibilité de détourner l’attention ailleurs, d’éviter de regarder et comprendre.

Et là tout bascule ; nos gouvernements successifs qui depuis 40 ans au service des puissances financières n’ont eu de cesse de corroder les acquis sociaux et notre hôpital public, vendu nos infrastructures et entreprises publiques, attaqué le droit du travail, précarisé les plus pauvres, réprimandé et incarcéré des opposants politiques (lycéens, gilets jaunes) ; en appellent aux vertus de l’état et sortent les violons pour saluer le courage et l’abnégation du corps médical.

Pincez-moi, je rêve !

En fait, non, je ne rêve pas c’est bien le pays dans lequel je vis dont il s’agit. Les infirmier·ère·s et aides soignant·e·s sont toujours sur exploité·e·s et sous payé·e·s, il n’y a pas assez de masques de protection, et le doute plane sur les raisons de la non utilisation de la Chloroquine pour traiter les malades en début d’infection.

Nous sommes confiné·e·s, mais pas tou·te·s et pas dans les mêmes conditions.

Les paysans doivent travailler pour continuer à produire de la nourriture, les ouvriers du bâtiment et d’autres secteurs doivent reprendre les chantiers afin que la machine tienne debout. Pourtant cela fait des années que l’on nous rabat les oreilles sur le fait que ce sont la finance et les grand·e·s entrepreneur·euse·s sur-rémunéré·e·s qui génèrent les richesses. Je ne comprends pas. Pourquoi ce ne sont pas les financiers qui vont cuire le pain et le vendre ? Bosser dans les supermarchés dont ils sont propriétaires, sur des chantiers et dans les champs en s’exposant au virus ?

Confiné·e·s, pour certain·e·s, ce sont dans des appartements, des immeubles en logeant à plusieurs par chambre, pour beaucoup dans des logements insalubres et pour d’autres c’est à la campagne, avec jardin.

Confiné·e·s, nous parachevons le travail de séparation des personnes les unes des autres, initié avec l’avènement des grands médias de masse et de l’audiovisuel personnel. De l’isolement par foyers regroupés autour du poste de télévision, nous avons évolué vers l’écran personnel, miroir de nos égos, et lieu d’enfermement, fenêtre du panoptique derrière laquelle il n’y a plus d’espace de l’intime. Le dispositif carcéral est en place.

Cela va de pair avec une réduction des représentations de la vie, du monde, de nos états, traits de caractères et projections à quelques images toutes faites, modélisations algorithmiques des typologies de profils humains.

En tant qu’artistes nous vouons nos vies à des tentatives d’enrichir les champs de représentation du monde, à faire le chemin allant de l’intime au collectif et du collectif à l’intime. Nous essayons de créer et de formuler des gestes qui avec un peu de chance toucheront des personnes au cœur, au corps et à l’esprit. Nous sommes en quête du moment partagé, de la fête, de cet instant où chacun peut rentrer à l’intérieur et confronter au monde ses propres sensations et représentations. C’est au service de ces moments trop rares, trop isolés des autres moments de la vie que les artistes œuvrent.

Nous avons la chance d’être dans un pays ou les arts et les sciences sont au cœur de la tradition républicaine et figurent parmi les piliers qui soutiennent la devise nationale « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ».

Nous musicien·ne·s, nous devons d’être libres de créer et questionner notre monde, nous revendiquons un accès égalitaire aux œuvres pour chaque citoyen·ne et nous sentons fraternellement solidaire de tous et toutes les citoyen·ne·s du monde.

Cela repose sur le fait que l’accès de tous aux spectacles, œuvres et concerts est un droit inaliénable et qu’il est du devoir de l’état de veiller à ce que les artistes qui contribuent à véhiculer les valeurs fondamentales de notre république puissent continuer à le faire.

En tant que fédération de musicien·ne·s, Grands Formats se réjouit d’être un lieu de rassemblement de personnes engagées dans la création et sur le travail des répertoires du jazz et des musiques improvisées, dévoué·e·s à enrichir le patrimoine commun de gestes personnels.

Toutes et tous confiné·e·s travaillons ardemment à créer de nouvelles œuvres, organiser de nouveaux concerts, avons hâte de se retrouver et retrouver le public pour partager ces instants de magie dans un monde post COVID-19.

Ce monde, quel sera il ? Où en sommes-nous du « réveil des consciences » tant attendu ?

Cette crise nous révèle que nous ne pouvons plus être seuls en tant que nation et individus, nous sommes des humains sur la terre et les enjeux de notre temps ne pourront être appréhendés sans prendre en compte cette dimension coopérative planétaire.

Les musicien·ne·s manient un langage universel et sont de fait les ambassadeur·rice·s d’une communauté humaine mondialisée qui transcende largement les systèmes politiques, religieux et toute sorte de clivages de surface.

Ami·e·s musiciennes et musiciens :  jouons.

 

Pascal Charrier

Guitariste, compositeur de l’ensemble Kami Octet et membre du Conseil d’Administration de la fédération Grands Formats

Thierry Maillard Big Band a décidé de rendre hommage dans son prochain album à Frank Zappa avec la sortie de Zappa Forever le 24 avril 2020 en numérique (Ilona Records – l’Autre Distribution). Thierry Maillard Big Band invite à cette occasion 7 invités : Camille Bertault, Stéphane Belmondo, Gilad Hekselman, Rhani Krija, David Linx, Chris Potter et Franck Tortiller.

Thierry Maillard, compositeur, arrangeur et pianiste de cette oeuvre superlative, risque fort de détonner dans le paysage musical.

Rendez-vous le 24 avril sur les plateformes d’écoute pour découvrir Zappa Forever et le 26 juin en concert à la Ferté Jazz Festival (Ferté-sous-Jouarre).

Communiqué de la fédération d’artistes Grands Formats

1 200 artistes, 70 grands ensembles et 15 collectifs en France et en Europe

 

Préconisations pour la survie des équipes artistiques frappées de plein fouet par la crise liée au COVID-19

Le spectacle vivant fait face à une situation inédite, une crise d’une ampleur sans précédent. Les artistes, au cœur de tous les projets qui continuent de s’annuler au fur et à mesure que les jours défilent, tiennent à alerter sur les problématiques auxquelles ils sont confrontés et demandent la mise en place de mesures inédites à tous les échelons du spectacle vivant.

Pour une réponse politique globale

Suite à l’annulation de toutes les représentations sur une période qui ne cesse de s’étendre, la réponse juridique du « cas de force majeure » ne constitue pas une réponse suffisante et satisfaisante. Les artistes demandent à l’Etat et au ministère d’apporter une réponse politique globale pour traiter cette crise en apportant un soutien et des consignes à tous les échelons du spectacle vivant, nécessairement interdépendants : celui des organisateur·rice·s, des producteur·rice·s, des salarié·e·s, permanent·e·s ou intermittent·e·s.

Pour un soutien fort des artistes intermittent·e·s

Les artistes intermittent·e·s demandent à ce que des mesures exceptionnelles soient prises pour le régime des intermittent·e·s du spectacle et ce de façon très urgente pour toutes les personnes dont les droits arrivent à échéance et dont l’indemnisation doit être renouvelée dans les jours et les semaines qui viennent.

Différentes pistes ont été avancées telles que la possibilité d’allonger la période de référence pour le calcul des droits ou encore la possibilité d’inclure les dates annulées dans le décompte des heures. Nous tenons à souligner la fragilité de ces propositions alors même que nous savons que les représentations annulées ne seront pas toutes reportées et que les reports risquent de s’échelonner sur une période très longue, bien au-delà des trois prochains mois à venir. Aussi, la solution qui nous semble la plus sûre et la plus pragmatique est un renouvellement automatique des droits des artistes intermittent·e·s sur la base à minima du taux de l’année précédente, excepté pour les artistes dont il s’agit de la première demande ou qui étaient « sortis » de ce régime l’an dernier.

Pour des versements accélérés des subventions et des aides, dans leur intégralité

Les artistes demandent à ce que les soutiens qui ont déjà été actés avant la crise sanitaire et les mesures de confinement soient notifiés et versés dès que possible, et ce dans leur intégralité, afin de ne pas mettre en danger les structures qui portent les projets (rappelons que les structures que nous représentons ont des budgets annuels extrêmement modestes soit 130 000 euros en moyenne). Dans le même esprit, les artistes demandent à ce que la réserve de précaution du ministère, généralement levée au cours de l’été et versée en fin d’année puisse l’être dès à présent afin de répondre à cette crise sans précédent.

Pour un maintien ou report raisonné des commissions d’attribution

Alors que la possibilité d’un confinement prolongé se dessine, les artistes demandent à leurs partenaires de veiller à tout mettre en œuvre afin que les commissions qui devaient ou doivent se dérouler en mars et en avril soient le plus possible maintenues (SPEDIDAM, ADAMI, MFA, FCM, Bureau Export, SCPP, SPPF…), notamment grâce à l’utilisation des moyens numériques existants qui peuvent permettre les échanges qualitatifs nécessaires.

Dans le cas où le confinement serait levé à la date prévue à ce jour, les artistes demandent à ce que les commissions soient reportées dans un délai court, de moins de deux mois.

Dans le même esprit, les artistes demandent également à ce que, dès que cela est nécessaire, les critères puissent être adaptés en tenant compte des conséquences de la crise (périodes de références nécessaires à allonger dans le cas d’annulations ou de reports, possibilité d’avoir des aides rétroactives afin de ne pas obliger les équipes à annuler à leurs frais les prestations prévues qui ne sont pas toujours affectées par le confinement…).

Pour la mise en place d’un outil d’observation unique

Les artistes demandent enfin à ce que le ministère de la Culture, en lien avec le Centre National de la Musique, mette dès que possible en place un outil unique pour référencer les difficultés rencontrées qui fasse référence pour l’ensemble des professionnels du secteur, à tous les échelons (local, départemental, régional, artistes, producteurs, diffuseurs…). Nous nous inquiétons en effet de voir les sollicitations toujours plus nombreuses que reçoivent les équipes artistiques, déjà largement débordées par les urgences liées aux annulations.

 

Nous remercions l’Etat et le ministère de la Culture de prendre en compte l’urgence de la situation et le besoin de communiquer largement sur les mesures qui seront prises auprès des artistes notamment via les organisations professionnelles, les fédérations et les réseaux qui les représentent.

Nous remercions également tous les partenaires qui sont engagés aux côtés des artistes et qui, nous en sommes certains, sauront être réactifs et compréhensifs pour faire face à cette crise qui aura des conséquences bien au-delà des quelques prochains mois.

Notre fédération, en lien avec les autres réseaux du secteur, pourra être un vecteur d’observation et de préconisation pour cette crise dont les conséquences se font déjà sentir sur les prévisions d’activité 2021.

Nous profitons de ce communiqué pour annoncer l’ouverture d’ici le début de la semaine prochaine d’un espace-ressource collaboratif à l’attention des artistes sur notre site internet (www.grandsformats.com) qui sera mis à jour au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

 

Les artistes de la fédération Grands Formats

Le Conseil d’Administration :

Frédéric PALLEM, Président

Alexandre HERER, Vice-Président

Tifenn EZANNO, Trésorière

Arnaud FIÈVRE, Secrétaire

Camille DURAND, Pascal CHARRIER, Frédéric MAURIN, Marie-Edith ROUSSILLON, Sylvain CATHALA, Laurent DEHORS, Christophe ROCHER, Gary BRUNTON, Pierre BERTRAND, Camille JANODET et Alfred VILAYLECK, administrateur·rice·s


Contact :

Aude Chandoné, déléguée générale

aude@grandsformats.com / 06 12 99 47 65


1 2 3 4 31
Les articles

Suivez la fédé

© 2015 Grands Formats - tous droits réservés -